Viols collectifs & Justice : digitus impeducus

par ksf  -  16 Octobre 2012, 10:55  -  #Actualités

Aurélie et Nina, 29 et 30 ans, ont été violées durant près de deux ans par une vingtaine de jeunes, peut-être plus, sans que personne n'intervienne.

 

A l'époque des faits, Nina, 16 ans, bonne élève, un peu garçon manqué, se fait intimer l'ordre par un «chef» de la cité de «coucher». Elle refuse, il la frappe et la viole.

Le lendemain, le chef et sa «bande» l'attendent au pied son immeuble et le calvaire est amorcé. Une autre bande s'ajoute aux violeurs, on lui inflige des coups, des brûlures de cigarettes, et on lui impose toutes sortes de «rituels»...

Le cauchemar est initié. Mais qui est assez fort pour supporter ce martyre ?

Les tentatives de suicide s'enchainent, et là encore personne n'intervient !

Les coups pleuvent, les intimidations, les menaces sur sa famille, les violeurs sont d'une sauvagerie sans nom, poussés par un sentiment de puissance face à Nina, toujours seule, sans appui.

Aujourd'hui, elle croise encore ses violeurs dans la cité et subit leur mépris.

 

Il y aussi Aurélie, 15 ans, victime de viols à répétition, dont la plainte en 1999 avait été classée sans suite... ?! Etonnant, non ?

 

Coluche disait "Le suicide, c'est une vengeance personnelle, et moi personnellement, je ne m'en veux pas".

Aurélie a fait une énième tentative de suicide durant le procès qui vient de se dérouler. Nina, épuisée psychologiquement, est en invalidité à 80%.

Comment expliquer à ces deux jeunes femmes, qui des mois durant se sont faîtes violer, menacer, intimider, par une bande de zonards se croyant "tout puissants", que la justice ne leur rend pas justice ?

Comment leur faire comprendre qu'elles ne sont ni responsables de ces actes barbares, ni coupables de leur sadisme ?

 

Leurs vies sont brisées et alors que la justice aurait pu leur rendre un peu de souffle, la Cour d'assises du Val de Marne rend un verdict surréaliste en acquittant la majorité des accusés et en infligeant des peines légères aux quatre autres.

Le viol et le viol collectif sont passibles de 25 ans de prison. Par conséquent que s'est-il passé dans ce procès pour que les jurés soient si cléments ?

Les accusés ont nié ( surprenant ), d'autres ( les condamnés ) ont avoué, mais argué que les filles étaient consentantes et volontaires pour les coups et les brûlures de cigarettes ! Mais dans quel monde vivent-ils ?

 

On parle de naufrage judiciaire. C'est le moins que l'on puisse dire. C'est même un pousse au crime pour tous les «petits chefs» de bande... qui vont sans doute penser qu'ils peuvent agir impunément.

Et comme la crucherie atteint parfois de hauts niveaux, la ministre de la Justice, Christiane Taubira déclare : «il est temps que les victimes de viol soient reconnues et indemnisées», mais brandit illico un digitus impeducus, en précisant qu'elle ne demandera pas au parquet de faire appel, car elle s'est engagée à «ne donner aucune instruction individuelle».

 

Aujourd'hui, même s'il y a un appel à ce verdict, il ne concerne que les quatre condamnés, ce qui implique que tous les autres sont libres.

Mais vers quelle justice allons-nous ?